Comme je vous l'avais précisé
ICI, le premier invité est
Youssef Roudaby, étudiant architecte et rédacteur en chef de
Lcassetta.com(pour tout ce qui est en rapport avec la musique: actu, chroniques, concours... bref, vous savez ce qu'il vous reste à faire ;) ). Pour son article, Youssef a décidé de nous parler d'un des plus grands artistes qui a marqué et changé l'histoire de la haute couture, et dont nous fêtons l'anniversaire aujourd'hui: Le seul et unique
Yves Saint Laurent.
Yves Saint Laurent m'a marqué avant que je ne le connaisse. Quand j'avais encore 4 ans et que je voyais ma mère sortir son flacon d'Opium qui m'intriguait tant. Ce parfum oriental si fort dans un flacon excentrique qui ne ressemblait en rien aux autres flacons qui prenaient place sur sa commode. Opium était l'ovni de sa collection. Précieux, dérangeant, osé, il sentait comme un scandale. Il m'arrivait d'ouvrir le flacon et d'inspirer intensément, cela m'enivrait. Je n'oublierai jamais cette senteur que je n'appréciais pas mais qui me mettait dans tous mes états. Opium embaumait l'air d'un poison, Opium m’intriguait. Opium était l'essence du mystère même.
Bien plus tard, Je revis ses initiales dans les pages de magazines, je tombai par hasard sur des articles parlant de ses robes et j'aperçus sa tête entre deux rideaux, un grand sourire aux lèvres, après le défilé de sa collection pour Caftan 2001. C'était là la première fois que je le vis, que je réalisais qu'Yves Saint Laurent n'était pas qu'une marque, c'était un homme.
C'est alors que mon intérêt pour ce monsieur et pour ce qu'il faisait s'accrut. Et plus j'en apprenais sur lui, plus j'étais en admiration. Pendant des années, je voulais être couturier, pendant des années, je voulais être Yves Saint Laurent.
"Je me dis que j’ai créé la garde-robe de la femme contemporaine, que j’ai participé à la transformation de mon époque. On me pardonnera d’en tirer vanité, mais j’ai, depuis longtemps maintenant, cru que la mode n’était pas seulement fait pour embellir les femmes, mais aussi pour les rassurer, leur donner confiance, leur permettre de s’assumer." - YSL
Si YSL dessinait des robes, ce n'était pas juste pour le plaisir de flatter son ego et de créer des choses que l'on qualifierait de jolies, mais c'était aussi pour exprimer ses idées, pour introduire des concepts. C'est YSL qui fit porter un pantalon à la femme, c'est YSL qui osa dessiner un Trench-coat, vêtement austère et agressif, pour la femme, c'est YSL qui fit en sorte que la femme libre du XXe siècle se reconnaisse dans ses vêtements en assumant ce qu’elle était désormais. Et c'est là toute la différence entre YSL et les autres designers de son époque. YSL restera donc cet artiste qui communiquait à travers son art. Un artiste en avance à sur son temps, mais qui contribua fortement à changer son époque.
"Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J’ai connu la peur et la terrible solitude." - YSL
Si les créations d’YSL étaient et sont encore une source d'inspiration, elles cachent parfaitement cet homme troublé, frustré et froissé par la vie qu’YSL était. Il y avait une poésie considérable dans son travail, une poésie tragique, sinistre, tourmentée, telle une mer en colère. YSL avait du mal à parler lors des rares interviews qu'il accordait, YSL avait du mal à s'exprimer en public, mais YSL focalisait surtout toute cette énergie sur son travail et ses créations. Il s'exprimait par son art de façon plus fluide qu'il ne s'exprimait par la parole.
"Je veux remercier les femmes qui ont porté mes vêtements, les célèbres et les inconnues, qui m’ont été si fidèles et qui m’ont causé tant de joies (…). J’ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n’est pas tout à fait un art mais qui a besoin d’un artiste pour exister." - YSL
Le 1er juin 2008, Yves Saint Laurent quitte ce monde, laissant derrière lui une des milliers de créations, un Pierre Bergé malheureux et une collection d'art rassemblée en 20 ans par les deux amoureux, contenant parmi ses objets des peintures de Picasso, Matisse, Andy Warhol, Mondrian, Léger et des sculptures antiques égyptiennes. YSL aura beaucoup donné pour la femme, pour le monde de la mode et aura inscrit son nom en lettres d'or dans l'histoire du XXe siècle. Les cendres d'YSL reposent depuis au cœur du jardin Majorelle à Marrakech, où notre artiste possédait une villa où il a longtemps vécu.
Pour en savoir plus sur la vie de cet artiste, visionnez L’amour Fou, documentaire sorti en 2010. En voici le trailer :